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à la naissance de l’ethnologie française

Les missions ethnographiques en Afrique subsaharienne (1928-1939)

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Les missions ethnographiques en Afrique subsaharienne (1928-1939)

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Collaborateurs africains

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Ambibé Babadyi

 

  Au cours des années 1930, Ambibé Babadyi devient le principal informateur dogon des missions Griaule après une brève période de suspicion, voire de brouille. Les ethnographes justifient le choix de cet interlocuteur privilégié en le présentant comme un vénérable vieillard dépositaire des connaissances les plus secrètes et les plus complètes des Dogon. Ils ont toutefois conscience d’un paradoxe : cet habitant de Sanga qu’ils assimilent à un docteur ès tradition fiable et respectable est un jan, c’est-à-dire un artisan du cuir associé à la figure du menteur dans les représentations locales et membre du groupe endogame le plus méprisé et le plus stigmatisé par les autres Dogon. Troublés par des jugements opposés aux leurs et soucieux de ne pas décrédibiliser leur principale source d’informations, les ethnographes vont donc, dans leurs publications, occulter, nier ou mettre en doute l’appartenance d’Ambibé Babadyi au groupe des jan alors que c’est justement son statut particulier d’homme dépourvu de honte et libre de ses paroles qui lui permet de se comporter d’emblée en informateur complaisant et disert.

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Ambara Dolo dit Ambara Dagi

 

Âgé de douze ans environ en 1931, le jeune Ambara Dolo est un Dogon du quartier Doziou d’Ogol-du-Bas. Élève de l’école préparatoire de Sanga, il interrompt ses études au moment de la mission Dakar-Djibouti pour devenir l’un des informateurs et interprètes préférés des ethnologues qui se sont succédés à Sanga entre 1931 et 1937. Pour le distinguer de son homonyme, l’interprète Ambara du quartier Amtaba, les chercheurs qui ont travaillé avec lui l’ont baptisé affectueusement Ambara Dagi, « Petit Ambara », en raison de son âge et de sa petite taille. Pour la même raison, ils ont généralement orthographié son nom Abara dans leurs notes de terrain.

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Ambara Dolo

 

À la fois informateur et interprète, Ambara Dolo est le principal collaborateur dogon des missions ethnographiques françaises qui séjournent sur le plateau de Bandiagara du début des années 1930 à la fin des années 1960. Au service de Marcel Griaule et de Germaine Dieterlen pendant près de quarante ans, cet ancien élève de l’école de Sanga joue un rôle essentiel lors de leurs enquêtes de terrain. Loin d’être un simple traducteur, il complète, explique, synthétise et illustre avec intelligence et à-propos les discours des autres informateurs dogon pour parvenir, après-guerre, à une cosmogonie et à un système symbolique conformes aux attentes des ethnographes qui l’emploient.

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Akoundyo Dolo

 

Akoundyo Dolo est l’un des proches collaborateurs dogon des missions Griaule entre 1931 et 1948. Plusieurs raisons expliquent sa familiarité avec les ethnologues ainsi que l’aide qu’il leur apporte : son expérience de tirailleur, ses liens de parenté avec deux autres informateurs privilégiés et enfin ses activités rituelles, cynégétiques et musicales.

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Amadigné Dolo

 

Pendant plus de quarante ans, de 1931 à 1974, ce lettré dogon est l’interprète et l’informateur de deux générations d’ethnologues. Vers l’âge de douze ou treize ans, il collabore d’abord aux enquêtes sur les jeux et la circoncision sous la direction de Marcel Griaule ou de Michel Leiris. Puis, après-guerre, il assiste la fille de Griaule – Geneviève Calame-Griaule – lors de ses recherches ethnolinguistiques.

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Andyé Dolo

 

 

  S’il joue un rôle important lors des enquêtes ethnographiques menées en pays dogon entre 1931 et 1937, Andyé Dolo est moins un informateur privilégié qu’un témoin conciliant, largement photographié ou filmé par les ethnologues lors des rituels dont il a la charge.

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Antandou Dolo

 

Fils du hogon de Sanga intronisé en 1935, Antandou Dolo habite le quartier Tabda d’Ogol-du-Bas. Cultivateur et tailleur, cet excellent joueur de tambour est avant tout l’informateur et le professeur du musicologue André Schaeffner au cours des missions Dakar-Djibouti et Sahara-Soudan, en 1931 et 1935. Il a alors une quarantaine d’années. Sa principale tâche, dûment rétribuée, est de battre les différents rythmes dogon sur son tambour de bois afin que Schaeffner les note, les enregistre sur des cylindres ou les reproduise lui-même. Pour se familiariser avec ces rythmes, Schaeffner apprend en effet à les frapper sous la direction d’Antandou, maître de musique exigeant mais patient . Plus marginalement, ce collaborateur dogon fournit des informations diverses aux ethnologues Marcel Griaule (en 1931), Denise Paulme et Deborah Lifchitz (en 1935), puis Solange de Ganay (en 1937). Dans une lettre datée du 28 juillet 1946 et adressée à Germaine Dieterlen, Ambara Dolo annonce la mort d’Antandou, survenue sans doute pendant la guerre .

 

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Apama Dolo

 

Cultivateur, chasseur et ancien tirailleur, le Dogon Apama Dolo assiste les membres des missions Dakar-Djibouti, Sahara-Soudan et Paulme-Lifchitz lors de leurs séjours à Sanga, de 1931 à 1935. Proche des ethnographes, il joue auprès d’eux des rôles très différents en étant, selon les circonstances, boy, informateur ou complice amical.

Gyem Dolo

 

Cultivateur dogon âgé d’une cinquantaine d’années en 1935, Gyem Dolo habite le quartier Doziou d’Ogol-du-Bas, à Sanga. Comme Tabéma Dolo, il relève de la catégorie locale des inne puru, « hommes impurs », chargés de tous les rites impliquant un contact potentiellement contaminant avec les défunts, le « grand masque » ou les femmes en règles. Gyem est l’un des principaux informateurs de Denise Paulme et Deborah Lifchitz lors de leur mission commune de 1935. Il leur transmet plusieurs dizaines de contes, de chants rituels, de mythes ou de récits de fondation, ainsi que de nombreux renseignements sur les différents rites, cultes ou autels. De tous les collaborateurs de Denise Paulme, il est le seul à n’avoir jamais travaillé avec les membres des autres missions. Il fournit toutefois quelques bribes d’informations à Solange de Ganay peu de temps avant de mourir, dans la nuit du 3 au 4 juin 1937 . Dans sa thèse, Paulme loue la courtoisie et la bonhomie de cet homme qu’elle présente comme « l’un de nos meilleurs et de nos plus sûrs informateurs, doué d’une excellente mémoire et d’une grande patience » .

 

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Koguem Dolo

 

Koguem Dolo est un Dogon du quartier Doziou, à Ogol-du-Bas. Élève de l’école préparatoire de Sanga, il commence à fréquenter les ethnologues en 1935, à l’âge de douze ans environ. À partir de 1937, il devient même l’un de leurs principaux interprètes. Pendant la guerre, il embrasse une carrière militaire, mais cela ne l’empêche pas, à partir de 1946, de travailler en parallèle pour Marcel Griaule dont il devient l’interprète privilégié et le collaborateur dogon le plus proche. Son nom est parfois orthographié Kogem, Kogyem ou Koguema dans les notes de terrain des ethnographes.

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Tabéma Dolo

 

  En raison de son statut particulier et de son activité de devin, Tabéma Dolo est l’interlocuteur privilégié des ethnographes lors de leurs enquêtes sur la divination, la mort, l’impureté et la société des masques. À Sanga, cet ancien musulman dogon devient donc très vite l’un des principaux collaborateurs dogon des missions ethnographiques des années 1930.

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Mamadou Keita

 

Mamadou Keita (orthographié souvent Keyta dans les écrits des ethnographes) est un écolier malinké de treize ans qui accompagne la mission Dakar-Djibouti du Soudan français jusqu’au Cameroun. Il est né à Karan, à une centaine de kilomètres au sud-ouest de Bamako, mais c’est dans la capitale, où il habite, que Marcel Griaule et son équipe l’embauche comme informateur et interprète, en août 1931, avec plusieurs de ses camarades (en particulier Mamadou Sanoko, Salam Sidibé et Kassim Doumbia).

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Mamadou Vad

 

Mamadou Vad est le premier collaborateur africain de la mission Dakar-Djibouti à accompagner l’équipe Griaule sur une partie de son trajet, de Kayes jusqu’au pays dogon, entre juillet et octobre 1931. Parlant ou écrivant de nombreuses langues (français, arabe, peul, wolof, bambara), ce personnage érudit et truculent rend de multiples services aux ethnographes, du moins jusqu’à Mopti, en cumulant les rôles d’interprète, d’informateur et de collecteur d’objets.

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Dousso Wologuem

 

Âgé à l’époque d’une cinquantaine d’années, le lieutenant Mamadou Dousso Wologuem est, avec Ambara Dolo, le principal interprète dogon des missions Griaule et Ganay-Dieterlen entre 1931 et 1937. Héros de guerre naturalisé français, mais aussi collaborateur sérieux et plein de tact, il est toujours traité avec respect et déférence par les ethnographes avec qui il travaille. De tous les collaborateurs dogon de la mission, il est aussi le seul, avec Douneyrou Dolo, à s’être converti à l’islam, mais son appartenance religieuse est rarement mentionnée par les ethnologues.